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Bénin/Nigeria : Baisse des affaires au marché Dantokpa après la fermeture des frontières

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Depuis deux semaines, les frontières du Nigeria sont fermées au Bénin. Cette situation engendre la hausse des prix de contrebande avec pour conséquence, la mévente chez les vendeuses de pagnes et divers dans le marché Dantokpa

Le vendredi 30 août 2019 à 16H30, une équipe de Banouto s’est dirigée à la boutique de Samirath. Spécialisée dans la vente de pagnes de qualités diverses, la jeune dame de teint clair environ la trentaine, est installée à quelques mètres de la porte de sa boutique. Elle attend vivement son énième client. Elle était avec son employé Geoffroy qui s’est dépêché de nous accueillir lorsque nous marchions vers sa boutique.

De façon polie, il a accueilli l’équipe de Banouto qui s’est présentée. D’un sourire rayonnant, la jeune dame installe les éléments du média. Voici ses propos recueillis. »Vous savez bien de quoi il s’agit. Il y a de cela deux semaines, moi j’ai parlé anglais dans cette boutique.

Tous mes clients nigérians sont rentrés au pays et même les Béninois aussi ne viennent plus. Le commerce tourne vraiment au ralenti », informe la jeune vendeuse de pagnes sur la situation difficile dans le marché. Depuis 18 ans, Samirath commercialise les pagnes mais jamais, elle n’a vécu une pareille situation. Depuis l’ouverture de sa boutique à 8h, il n’a pas encore un sous d’un client.

Son seul souci, « c’est comment faire pour payer ses quatre employés, le loyer qui tourne autour de quatre cent mille francs le mois, en plus de l’électricité ». À peine a-t-elle fini avec Samirath que l’équipe de Banouto intercepte Dadjè, un usager du marché mangeant des biscuits. Le jeune homme de teint noir, de courte taille, ventru se pose soudain entre la boutique de Samirath et le magasin de sa co-locatrice. Motif de cet arrêt ? Il voulait exprimer son ras-le-bol aux autorités au plus haut niveau par la presse.

« La fermeture des frontières a sérieusement fait chuter notre business au marché. Il semble qu’on n’a pas de dirigeant dans ce pays. La population est abandonnée à son sort. Par exemple, ceux à qui j’ai vendu à crédit ne m’ont rien remis aujourd’hui. Des dettes de près de vingt-huit millions ». On comprend de ces propos, que le prix de vente a sérieusement baissé ces derniers jours. Dadjè importe des pagnes.

Selon lui, la mévente a vraiment pris place à l’avènement de Patrice Talon en raison de l’augmentation de la douane. Et, la fermeture des frontières a compliqué la situation. Toujours dans le marché Dantokpa, l’équipe de Banouto s’est déplacée à Missèbo à 16h51 dans la ruelle qui mène au lycée Coulibaly de Cotonou. Mais, cette fois-ci chez Tata Mimi. Elle cède en gros aux détaillants les sacs de riz, de spaghetti et d’huile.

Banouto qui est sur le coup, lui a demandé la situation de la vente au lendemain de la fermeture des frontières nigérianes. Tata Mimi s’exprimera sans retenu. « Combien de riz les Béninois mangent ? Je n’en sais rien. Je n’arrive pas à vendre nos marchandises.

Ce sont les Nigérians qui viennent acheter plus chez moi mais voilà que leurs frontières sont fermées. Si cela continue jusqu’à un mois, je pense qu’il n’y aura personne à Missèbo » a déclaré la jeune dame d’un ton sec. À son côté gauche, se trouve une dame très âgée qui vient de prendre 6 sacs sur lesquels elle est assise dans la boutique faisant le compte pour payer Tata Mimi. Concentrée depuis notre arrivée sur son porte-feuille, elle dit ceci :

« Les prix des marchandises n’ont pas augmenté. Les clients se font rares. C’est une situation générale. Même le transport est devenu cher parce que l’essence a augmenté de prix. Je me demande combien ils me prendront pour ces riz » nous a t-elle exprimé l’air préoccupé.

Devant la boutique de Tata Mimi de l’autre côté de la rue se trouve Maman Sabine. Couchée sur un banc devant son hangar, elle communiquait au téléphone avec un membre de sa famille. La vendeuse de canette et de boissons, malgré la mévente accepte la demande d’aide d’une cousine qui est sérieusement affectée à l’hôpital après un accouchement. « Nous n’écoulons pas nos marchandises. Et pour ça, nous ne prenons plus le risque de commander de nouvelles marchandises parce que ça peut arriver cher aujourd’hui et ils vont ouvrir les frontières demain », fait remarquer dame Sabine.

Banouto remarque la même situation chez les cambistes où le coût de change du naira au franc CFA a connu une légère augmentation. Certains produits deviennent rares voire inexistants sur le marché au lendemain de la fermeture des frontières nigérianes. Il s’agit des biscuits « Parle G ». Quant aux biscuits Twinglés et Noreos le prix a augmenté de 100F.

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