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Transition au Mali: Macron sort ses griffes contre la CEDEAO

Transition au Mali: Macron sort ses griffes contre la CEDEAO
Transition au Mali: Macron sort ses griffes contre la CEDEAO

L’air agacé, la mine grave, le patron de l’Élysée, Emmanuel Macron a craché ses vérités à la CEDEAO ce Jeudi 10 Mai, et ce, près de deux semaines après le sommet de l’organisation Ouest-Africaine sur la crise au Mali, qui a abouti à une reconnaissance de la junte militaire, dirigée par le Colonel Assimi Goita.

Alors qu’il annonçait au cours d’une conférence de presse le retrait des troupes Françaises de l’opération Barkhane, estimées à plus de 5000 soldats sur le terrain, le successeur de François Hollande a lancé cette mise en garde aux états de la CEDEAO : « Pour ce qui est du cas du Mali, je pense que la décision que la CEDEAO a prise de reconnaître un putschiste militaire 6 mois après lui avoir refusé ce droit, crée une mauvaise jurisprudence pour la CEDEAO elle-même… D’abord, pour la CEDEAO elle-même et ensuite par le précédent que cela crée chez beaucoup de voisins… Je pense que c’est une erreur. C’est leur décision, je la respecte… ».

Si les craintes du numéro 1 Français peuvent se justifier par la nécessité de préserver l’équilibre démocratique de la sous-région Ouest-Africaine et au-delà, de tout le continent, l’Élysée pourrait être en train de se voir éclabousser par des précédents contestables qu’il a validé dans un passé encore très récent.

D’abord, avec la crise du 3ème mandat en Côte d’ivoire. En dépit de toutes les mises en garde émises à l’endroit de Paris sur le risque que cela représentait de cautionner un 3ème mandat dans un pays aussi stratégique comme la Côte d’ivoire, la France a tout de même tenu à créer sa propre jurisprudence en invoquant la disparition brutale de l’ex premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, candidat désigné de Ouattara à la présidentielle d’Octobre 2020.

Ici, l’enjeu dépassait les simples conflits d’intérêts au sein de la classe politique Ivoirienne, mais il s’agissait surtout et avant tout, de préserver un acquis, la consolidation de la limitation des mandats impulsée par l’Occident lui-même.

Autre jurisprudence suscitée par l’Élysée, celle observée dans le cas du Tchad suite à la mort du Maréchal Idriss Deby. Beaucoup ont critiqués le soutien ostentatoire de Macron à la junte du Comité Militaire de Transition (CMT) incarnée par le Général Mahamat Deby, en violation totale des dispositions constitutionnelles qui imposaient une transmission du pouvoir au législatif.

Comment dans ces conditions, être surpris du coup de force, opéré sans état d’âme par Assimi Goita et ses camarades, qui pourraient avoir été inspirés par le soutien de la France Macronienne à leurs homologues du Tchad ? La France et ses jurisprudences, les conséquences peuvent parfois paraître irrémédiables. 

AI

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