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Voici pourquoi le coronavirus ne frappe pas fort en Afrique

Voici pourquoi le coronavirus ne frappe pas fort en Afrique
Voici pourquoi le coronavirus ne frappe pas fort en Afrique

Malgré son mode de contamination très facile, certaines barrières empêchent le Coronavirus de frapper fort sur le continent africain. Présent dans plusieurs pays asiatiques et européens, le virus est en dehors des frontières africaines pour le moment.

Le Coronavirus continue de faire mal en chine et autres pays européens. Selon les informations de l’Organisation mondiale de la Santé, le virus a fait déjà 604 morts en Chine (sur 14411 cas confirmés) et 1 aux Philippines. Sur le plan mondial, 14 557 cas ont été confirmés (14411 en Chine) à la date du 2 février 2020. Avec un mode de contamination assez facile et rapide (voie respiratoire), l’épidémie peine à faire son apparition en Afrique (même les cas susceptibles des étudiants en provenance de la Chine en Côte d’Ivoire et Kenya se sont aussi révélés négatifs).

Selon les informations rapportées par Scide.net, plusieurs facteurs naturels peuvent constituer de barrière au coronavirus sur le continent africain. Parmi ces facteurs, nous pouvons citer principalement la température trop élevé et la possible présence d’autres virus avec une immunité peu cohabitante.

Plusieurs scientifiques et chercheurs ont tenté d’expliquer pourquoi l’Afrique demeure jusqu’à présent le seul continent épargné de cette épidémie.

C’est le cas, de Francioli Koro Koro, épidémiologiste et enseignant-chercheur au département de biochimie de la faculté des sciences de l’université de Douala au Cameroun, qui apporte des explications en émettant l’hypothèse du climat. 

“Les muqueuses des personnes vivant dans ces pays sont alors beaucoup plus vulnérables et la transmission de la maladie y serait ainsi facilitée. Ce qui n’est pas le cas dans les pays d’Afrique où les muqueuses en ce moment sont moins sensibles.”

Pour lui, la température en Afrique subsaharienne qui tourne en moyenne autours de 35°C en ces moments contre une baisse totale en Chine et dans plusieurs autres pays, pourrait bien justifier le cas du continent africain.
« Les muqueuses des personnes vivant dans ces pays sont alors beaucoup plus vulnérables et la transmission de la maladie y serait ainsi facilitée. Ce qui n’est pas le cas dans les pays d’Afrique où les muqueuses en ce moment sont moins sensibles », a expliqué le microbiologiste et épidémiologiste moléculaire.

Pour l’immuno-parasitologue à la faculté de sciences de l’université de Douala, Léopold Gustave Lehman, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur le coronavirus.

« On ne peut pas affirmer de façon péremptoire qu’il n’y a pas de coronavirus en Afrique dans la mesure où il n’y a pas toujours dans nos pays de dispositif systématique de détection des virus », a-t-il prévenu avant d’ajouter que « le coronavirus peut passer inaperçu ; d’autant plus que nous avons en Afrique une certaine capacité d’immunité du fait de la présence permanente de certains virus comme celui de la grippe qui peuvent être proches du coronavirus. Ce qui peut faire qu’il y ait des cas de coronavirus, mais qui ne soient pas si dramatiques que ça », a analysé Léopold Gustave Lehman.

De son côté, Francioli Koro Koro, « l’hypothèse d’une immunité est difficile à admettre parce que les virus à acide ribonucléique (RNA) positif comme le coronavirus mutent très rapidement et acquérir une immunité contre eux est très complexe ».

Malgré cette absence du virus sur le continent africain, le risque est bien réel et il va falloir bien prendre des précautions.

Dans les pays comme le Congo le Niger et le Cameroun, les dirigeants ont publié des communiqués indiquant les précautions à prendre. Entre autres, l’appel à se couvrir le nez et la bouche avec un mouchoir ou avec le pli du coude lorsqu’on tousse ou éternue, se laver les mains fréquemment avec du savon ou avec une solution hydroalcoolique, réduire les contacts avec des personnes présentant des symptômes de type grippal etc. Par la suite, ils ont renforcé la sécurité au niveau des points d’entrée (aéroports, ports). Le ministre de la recherche scientifique et d’innovation technologique du Congo renseigne aussi à ce sujet. « Ils incluent la mise en place de salles de quarantaine dans les aéroports ainsi que la préparation d’hôpitaux pour recevoir d’éventuels cas », a précisé Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou.

À Ouagadougou, le secrétaire général du ministère de la Santé, Wilfrid Ouédraogo a expliqué selon la même source, le fonctionnement du dispositif mis en place par les autorités avec le soutien de l’organisation ouest-africaine de la santé (OOAS).

« Lorsqu’ils sont dans la queue pour venir accomplir les formalités sanitaires, il y a une caméra qui est pointé sur l’ensemble des passagers. Cette caméra est paramétrée avec une température corporelle de 38°. La camera est reliée avec un écran qui est dans le box où est l’agent de santé qui doit vérifier leur carnet de vaccination », a-t-il introduit avant d’ajouter que « si tous les arguments épidémiologiques sont réunis, nous serons en droit de penser que c’est un cas suspect de grippe lié au coronavirus et il sera conduit en isolement », conclut Wilfrid Ouédraogo.

Le directeur général de l’Institut national d’hygiène publique (INHP), Joseph Benié Bi Vroh a rapporté qu’« en Côte d’Ivoire, le gouvernement n’a pas attendu qu’il y ait un cas suspect avant de mettre en place un dispositif. »

« En 2014, il y a eu l’épidémie de la maladie à virus Ebola, avec des pays limitrophes qui étaient atteints. Dès le déclenchement de la présente épidémie de coronavirus en Chine, l’Etat a réactivé le dispositif de sécurisation du pays mis en place à cette occasion-là », explique-t-il. Poursuivant, il renseigne que « non seulement nous avons isolé le passager suspect qui est arrivé à Abidjan le 25 janvier, mais nous avons également pris contact avec tous les voyageurs qui étaient à bord du même vol, et ils se portent tous bien, ce qui confirme que le suspect n’était pas malade. »

Comme signe retrouvé chez les personnes suspects, il y a la fièvre, des difficultés respiratoires et de la toux. Du coup, un lien épidémiologique a été mis en place pour détecter les cas suspects. « Ainsi, si quelqu’un qui présente ces trois signes vient de la Chine, alors, il est un cas fortement suspect. S’il ne vient pas de la Chine, il n’est pas suspect », a laissé entendre Joseph Benié Bi Vroh.

Au Congo, « les chercheurs affûtent leurs armes dans le sens où ils prennent les dispositions théoriques et pratiques qui permettront, le cas échéant, de faire le diagnostic virologique », a rapporté le ministre Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou,

Au Burkina Faso, un laboratoire national de référence à Bobo-Dioulasso avec un kit de 50 tests qui peuvent identifier le Coronavirus a été déjà mis en place.

« Donc, les acteurs biologistes au niveau de Ouagadougou ont la capacité, s’il y a un cas suspect, de faire des prélèvements avec triple emballage sécurisé et expédier en moins de 24 heures vers le laboratoire national de référence à Bobo-Dioulasso », a indiqué Wilfried Ouédraogo.

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