Home Société Bénin: La mission de Banamè, l’arbre qui cache la forêt

Bénin: La mission de Banamè, l’arbre qui cache la forêt

L’un des secteurs d’activité les plus florissants ici au Bénin, un pays laïc, c’est bien le secteur religieux. Bien qu’encadrées par des textes et mises sous la coupole du ministère de l’intérieur et de la sécurité publique, les nouvelles églises dites églises du réveil, émergent comme des pousses d’herbes en saison favorable, naissent et échappent même au contrôle du ministère de Sacca Lafia où elles ont l’obligation de se faire enregistrer.

Si peu d’entre elles sont inscrites dans les registres du ministère de l’intérieur, le nombre de victimes que font au quotidien ces églises dépassent I entendement. Véritable marchés de dupe sur une terre fertile, les églises installées dans presque toutes les ruelles des grandes villes du pays et même parfois à l’intérieur font beaucoup de victimes silencieuses. Abus de confiance, escroquerie, influence morale… tout ce qui est pénalement répréhensible se passe de façon inaperçue couvert par le sceau de la foi. Si l’on devait lever un coin de voile sur ce qui se passe au quotidien dans les différentes églises, on se rendra vite compte que l’église de Jésus-Christ, mission de Banamè, avec son projet de microfinance qui suscite le tollé général, n’est que la partie visible de l’iceberg.

Religion au Bénin, pourquoi le ministère de l’intérieur a démissionné ?

La laïcité en droit, est le « principe de séparation dans l’État de la société civile et de la société religieuse » et « d’impartialité ou de neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses ». Vu sous cet angle, on pourrait à priori affirmer que l’État n’a aucun droit de s’ingérer dans les affaires intérieures des religions si celles-ci ne troublent pas l’ordre public dans l’exercice de leurs activités . Dans le même temps, l’État a le devoir constitutionnel de protéger les populations mais il est de notoriété publique que nombre de ces supposés bergers ou hommes de Dieu profitent de l’analphabétisme, de la naïveté et de la crédulité (qui n’est pas la foi) de certaines populations pour les déposséder de leurs biens. Les exemples foisonnent à nos yeux et face au silence complice de plusieurs d’entre nous. Des populations s’appauvrissent au nom de la foi pour enrichir un homme de Dieu qui fait son beurre sur l’indigence de ses fidèles.

 Il y a ici dans nos grandes villes des églises où pour rencontrer le oint de Dieu, il faut débourser et payer son siège d’attente à prix d’or Aujourd’hui, la mission de Banamè est dans le viseur de la cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (criet), mais non loin de la résidence de la promotrice de cette église par exemple, il y a également une autre bien connue ici à Cotonou dont le « gourou », un expatrié fait se sucrer sur le dos de pauvres populations à qui il vend des chimères L’argent amassé est ensuite rapatrié dans son pays d’origine où il serait en train de construire un palais. Le ministère de l’intérieur doit davantage s’intéresser aux églises.

Les textes qui encadrent leur existence doivent être actualisés et celles qui n’ont aucune existence légale, et elles de loin les plus nombreuses, doivent être purement et simplement fermées. Comme dans certains pays africains, il faut corser les conditions d’ouverture d’une église et procéder à des enquêtes de moralité avant toute autorisation. Le secteur des religions nécessite d’être assaini et cela relève de la responsabilité du ministère de l’intérieur. La laïcité d’un pays ne doit pas être une porte ouverte à toutes les dérives religieuses d’autant plus que les expatriés s’intéressent de plus en plus à notre pays où ils viennent se faire de l’argent en rendant encore plus pauvres leurs fidèles.

La Dépêche

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