Home Société Bénin : Le désarroi des parents pendant cette période des vacances

Bénin : Le désarroi des parents pendant cette période des vacances

Le tourbillon des examens nationaux de fin d’année scolaire s’apaise lentement. Certains apprenants, notamment ceux des classes intermédiaires sont d’ores et déjà en vacances. Ce temps de répit institué par le législateur éducatif donne souvent le tournis aux parents, obligés de surveiller leurs enfants-comme du lait sur le feu. Malgré cela, les histoires et les problèmes ne manquent point avec, en toile de fond, des cas de grossesses.

« Mon garçon va me  tuer. II a eu le BEPC cette année. En cette période de vacances, j’ai les problèmes du monde surtout avec lui. II courtisait une fille dans une autre école au cours de l’année scolaire. Mais les parents de la fille ont interdit toute fréquentation de celle-ci avec lui. Mon garçon têtu, continue de voir cette fille. II appelle la fille jusqu’à ce que les parents de celle-ci lui aient pris une convocation. J’ai dit à mon garçon de l’oublier. II ne veut pas m’écouter. Maintenant, elle s’est enfuie de la maison et c’est A mon fils que les parents imputent le tort. C’est normal. Là où il est, il doit se rendre au commissariat pour répondre de ses actes. Pourtant, il n’en est pour rien. C’est pendant les vacances qu’on entend ce genre de choses. : Les vacances, il va les passer avec les convocations ».

 Cette déclaration de dame Sylvia, gérante d’une boutique de Mobile Money a Gbedjromede, est le quotidien de bien d’autres parents pendant ces vacances. Mère de quatre enfants dont la benjamine a quinze ans, cette femme célibataire passe souvent les vacances à gérer les problèmes de ces enfants. Considérées comme moment pour se distraire, les vacances sont pour les apprenants désœuvrés des moments pour se livrer à des activités peu recommandables. Lesquelles conduisent inexorablement à des déviances sexuelles.

Nous sommes à Hêvié, un village peuplé situé dans la commune d’Abomey-Calavi. Les éphèbes de ce village passent des nuits blanches sur les réseaux sociaux, notamment WhatsApp pour courtiser les jeunes filles. Samuel, un élève qui passe en classe de Terminale A2 au Complexe Scolaire « La Vision » à Hêvié passe la soirée à batifoler avec les étudiantes sur WhatsApp. Avec l’aide de son ami étudiant a l’Université d’Abomey-Calavi, le jeune homme de 20 ans multiplie les contacts des étudiantes. Son ami étudiant lui envoie les contacts des étudiantes avec lesquelles il organise des rencontres amoureuses. Suivant l’information que nous avons reçue, cette pratique n’est pas le fait exclusif du jeune Samuel. Ils sont nombreux ces jeunes a Hêvié ou ailleurs à prendre d’assaut les réseaux sociaux à longueur de journée ou dans la soirée.

 « C’est très difficile cette situation. Cela nous afflige parents, frères et eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas voulu aller à la grossesse. Malheureusement, c’est ce qui arrive et il faut comprendre que cela vient de notre société parce que dans la société, nous sommes partagés entre une culture occidentale et une culture traditionnelle que nous avons connue », a déploré Amédée Joseph Odunlami, professeur de sociologie à la retraite. II reconnait le mauvais usage fait par les jeunes de l’éternelle question des technologies de l’information et de la communication. Solon le recoupement des propos, il est difficile de prévenir le sexe en ce sens que les parents ne savent pas les mouvements de leurs progénitures. Néanmoins, Amédée Joseph Odunlami, maitre de conférences, a proposé une piste de solution pour juguler un tant soit peu le phénomène.

De la multiplication des centres de loisirs aux sensibilisations…

Les grossesses au cours des vacances portent atteinte à la révolution scolaire du jeune garçon ou de la jeune fille. Pour éviter les déviances sexuelles pouvant conduire à des grossesses en ces périodes de vacances, le professeur de sociologique à la retraite juge mieux de créer des centres de loisirs pour occuper les apprenants inactifs. « Si dans notre pays, on avait des centres de loisirs, des lieux d’encadrement de cette jeunesse, où on créait des situations de jeux et de concours qui mobilisent intellectuellement et physiquement, je pense que ces dispositifs un peu partout allaient les occuper », propose le sociologue invitant les dirigeants du pays à œuvrer dans ce sens.     

Educ’Action

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