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Bénin : un citoyen écrit à Patrice Talon, voici la raison

Bénin : un citoyen écrit à Patrice Talon, voici la raison
Bénin : un citoyen écrit à Patrice Talon, voici la raison

Evoquant les difficultés financières que rencontrent certains Béninois dans les séances de dialyse, un citoyen a écrit à Patrice Talon. Il demande la réinstauration de la prise en charge gratuite des dialysés. Lire ci- dessous l’intégralité de la lettre ouverte de Alexandre Atachi au chef de l’Etat.

ATACHI Gbétonwèyinougbo Alexandre

Zogbodomey, le 18 mai 2021

Citoyen béninois

(O0229) 96473939/95662211

[email protected]

COTONOU

Objet: Lettre ouverte pour la prise en charge intégrale de tous les dialysés quel que soit leur statut.

Monsie le Président de la République du Bénin

Excellence Monsieur le Président

Je viens avec toute la déférence et le respect dus à votre autorité faire un plaidoyer pour la prise en charge intégrale de tous les dialysés du Bénin quel que soit leur statut. Je m’en voudrais, à l’entame, de ne pas vous dire mes vives félicitations pour votre brillante réélection. Une réélection méritée grâce aux immenses pas posés seulement en cinq ans de gestion du pouvoir d’Etat.

Loin de vouloir choquer qui que ce soit, je crois dur comme fer, que vous auriez pu vous passer d’une campagne électorale car en cinq ans vous avez positivement impacté le Bénin, notre pays et vos œuvres elles-mêmes parlent en votre faveur. Pour ma part, je pense qu’il faut à la tête de ce pays un homme qui est craint. Et j’irai plus loin pour dire que c’est ce modèle d’homme qu’il faut pour l’Afrique. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le Béninois ne se donne vraiment au travail que lorsqu’il se sent « obligé» ou surveillé».

Il est de notoriété publique que les tares historiques qui constituent un véritable handicap au développement de notre pays tendent à disparaître de nos jours parce qu’un certain TALON est à la tête de ce pays et on ne peut que s’en réjouir. Même si aujourd’hui tout n’est pas rose, il faut avoir le courage de dire que beaucoup de choses ont changé d’où la pertinence de vous concéder un second mandat parce que ce pays était tellement tombé qu’il faut plus qu’un mandat pour le redresser.

En définitive en ce qui me concerne, votre réélection relevait du bon sens cartésien et les Béninois, qu’ils soient lettrés, agents de l’état, agents des collectivités locales cultivateurs, maçons, menuisiers ou autres en sont largement pourvus. Monsieur le Président, Pour revenir à l’objet de ma lettre que j’ai choisie à dessein de vous adresser à la veille de votre prestation de serment pour un second mandat, je ferai allusion à votre célèbre déclaration de Parakou. Quelques mois après que vous avez pris les manettes de ce pays en 2016, vous aviez fait une déclaration que je qualifierai D’APPEL HISTORIQUE DE PARAKOU.

Serrer les ceintures. Monsieur le Président de la République, depuis Parakou, vous nous aviez demandé de serrer les ceintures parce que c’est la condition pour arriver au bonheur. Et aujourd’ hui, c’est avec beaucoup de fierté que j’entends dire que c’est parce que nous avons, bon gré mal gré, accepter de serrer les ceintures que le Bénin a connu une métamorphose sur plusieurs plans. Aujourd’hui grâce aux réformes, le Bénin fait d’énormes économies qui sont réinvesties dans plusieurs secteurs. Grâce à ces réformes et ces économies, le Bénin est en train de mettre en place l’un des plus attrayants réseaux routiers de la sous région.

Grâce à ces réformes, le Bénin commence par étonner le monde.

Mais une question demeure Monsieur le Président A quoi aurait servi toutes ces réformes grâce auxquelles le Bénin a fait si tant de progrès, si elles n’ont pas permis de sauver des vies? Serions-nous fiers de dire demain que nous disposons des infrastructures de dernière génération si nous ne faisons rien aujourd’hui pour sauver ces dialysės qui meurent au quotidien comme des moutons?

C’est donc pour cette raison que je viens par le truchement de cette lettre ouverte saisir votre autorité afin que le premier Gouvernement de Talon 2 se penche sur le sujet de façon sérieuse parce que la situation des dialysés qui ne sont pas des agents de l’Etat est plus que préoccupante.

Tout votre quinquennat finissant, vous vous êtes battus contre les disparités et c’est le lieu de réaffirmer cet engagement. Aujourd’hui, un concours national est un concours national et tout le monde peut y postuler.

J’ai été impressionné de lire tout récemment sur la toile le témoignage d’un jeune homme en situation d’handicap qui s’est érigé en ardent défenseur de la rupture parce qu’aujourd’hui, les personnes en situation de handicap se sentent considérées plus qu’elles ne l’étaient hier.

Aujourd’hui, elles peuvent participer à un concours national tout comme tout autre citoyen béninois. Sans donc le vouloir, je suis revenu à la charge avec une preuve probante de ce que vos œuvres parlent elles-mêmes en votre faveur et que par-dessus tout, vous méritez un second mandat. Et comme ces dernières, je souhaiterais que les dialysés qui ne sont pas agents de l’Etat fassent le même témoignage parce que ce qui se passe actuellement fait froid au dos.

Simplement parce qu’ils ne sont pas agents de l’Etat, ils doivent débourser au minimum soixante-dix-mille Francs (70.000 CFA) par séance de dialyse à raison de deux par semaine. Ce qui fait cent quarante mille francs (140.000 CFA) par semaine, cinq cent soixante mille francs (560.000 CFA) par mois et six millions sept cent vingt mille Francs (6.720.000 CFA) l’an.

A cela s’ajoute des dépenses connexes notamment l’achat des ampoules d’injection pour la circulation du sang (85.000 FCFA la boite pour un mois), l’achat des comprimés pour la régularisation de la tension (100.000 FCFA pour le mois) et l’achat de comprimés de calcium (8.000 FCFA).

Vous convenez, sans doute, avec moi que la situation est très critique. Et pour faire face à ces dépenses depuis 2019 que la prise en charge leur a été retirée, ces personnes vendent tout ce qu’ils ont ou se mettent en gage au besoin.

De 2019 à ce jour, selon les chiffres reçus de Monsieur Serge GBAGUIDI, Secrétaire Général de l’Association des Dialysés du Bénin (ADB), ils sont plus de TROIS CENT à passer de vie à trépas parce que n’ayant pas les moyens de faire face à cette batterie de charges financières.

Actuellement, en lieu et place des deux séances par semaine, certains vont jusqu’à faire une seule séance en un mois et donc à chaque séance, ils ne sont pas sürs de pouvoir revenir pour une prochaine fois car entre temps, c’est bien possible que le pire n’arrive.

Devant la mort comme devant la vie, nous devons tous avoir les mêmes droits. Qu’on soit agent de l’Etat ou pas, nous sommes tous utiles à notre pays d’une façon ou d’une autre. En réalité, après analyse bien faite, on peut affirmer qu’entre le ministre qui dirige les affaires de l’Etat et le citoyen qui travaille à sa prospérité par le travail de ses mains, il n’y a aucune différence. C’est une chaîne qui se complète et l’un ne peut exister sans l’autre. Il y a donc matière à défendre le droit de tous, Ministre ou cultivateur pour une prise en charge intégrale en cas du traitement de la dialyse.

Excellente Monsieur le Pésident, à toutes fins utiles, je voudrais vous rappeler que vous êtes le père de la nation et partant de là, de tous les Béninois.

Au nom de tous les dialysés du Bénin et en mon propre, je vous supplie, genoux à terre s’il le faut, d’intégrer tous les dialysés dans la chaine de prise en charge.

J’ai espoir que vous me lirez et que cette préoccupation sera ‘une de vos priorités pour le second quinquennat. Je sais pouvoir compter sur votre bonne foi et sur votre engagement avéré à œuvrer pour l’égalité de tous sans distinction aucune pour que ces hommes et femmes qui dépensent une fortune pour quelques heures de plus sur cette terre dans l’incertitude du lendemain retrouvent une lueur d’espoir.

En vous vous souhaitant une bonne réception et beaucoup de courage pour ce second mandat qui commence demain, je vous prie de croire,

Excellence Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma très haute admiration.

Gbètonwèyinougbo Alexandre ATACHI

Source : BT

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