Home Société Réforme de la décentralisation : Narcisse Tomety en colère

Réforme de la décentralisation : Narcisse Tomety en colère

Réforme de la décentralisation : Narcisse Tomety en colère
Réforme de la décentralisation : Narcisse Tomety en colère

Le budget de fonctionnement des mairies sera désormais ordonné par un secrétaire exécutif nommé par le gouvernement. Telle est la substance d’une nouvelle reforme dévoilée par le Président Patrice Talon le 21 septembre 2021. Cette initiative du chantre de la rupture n’a pas laissé le Professeur Simon Narcisse Tomety indifférent. Pour lui, ce projet n’est qu’un acharnement contre la décentralisation. Nous vous proposons plutôt de lire la tribune qu’il publie à cet effet.

Bénin, décentralisation en berne, maires traqués

Pourquoi ont-ils peur que le pouvoir local leur échappe au point de vouloir tout régenter ? Parce que c’est le local qui produit tous les élus nationaux et locaux de la république. Si un maire veut demeurer un non aligné pour faire honnêtement son travail d’élu, il ne peut qu’être traqué comme une bête sauvage en forêt.

Tous les détournements de deniers publics opérés par des maires en 14 ans de décentralisation ou de réforme de l’administration territoriale (RAT) ne dépasseraient guère un seul scandale au sommet de l’État : l’éléphant blanc du chantier de la honte du siège du parlement par exemple ou le scandale de Maria Gleta ou l’affaire ICC.

L’acharnement continu contre la décentralisation est un mépris pour le peuple. Les plus gros scandales de l’État s’opèrent au niveau central et non au niveau décentralisé. Les 77 communes gèrent moins de 10% des dépenses publiques au Bénin et à peine 4% du budget de l’État transitent par le Fonds d’Appui aux Développement des Communes.

Les communes sont régulièrement auditées et un effort de mise en oeuvre des plans d’amélioration est fait.

Quand il y a un problème de gestion dans une commune, l’État utilise tous les moyens militaires, administratifs et juridiques pour affirmer son autorité. Ce qui est d’une évidence patente, c’est que les communes sont mieux gérées que les ministères, pourtant ces ministères concentrent les meilleurs cadres, les moyens matériels, le pouvoir de décision et l’argent public.

Mais de 2006 à 2017, le même État n’a pas eu le courage de rendre publics des rapports d’audit qui n’ont rien de confidentiel. Oui, les loups se protègent entre eux dit l’adage. Quand c’est des ministres, des DG fortement politisés et des députés qui sont au coeur des grands scandales financiers, eux ont droit à tous les honneurs et toutes les protections formelles ou informelles pour avoir trahi leurs serments et la confiance du peuple.

Les politiciens béninois ont fabriqué une génération de jeunes menteurs, prédateurs et sans scrupule bien rodés et sans rides pour prolonger l’oeuvre d’humiliation du peuple. Il s’agit d’une négation de la démocratie locale et de la participation citoyenne pour ne reconnaître aux populations que le droit d’aller faussement voter pour des candidats corrupteurs. Voilà notre trouvaille démocratique pour clochardiser les communautés à la base.

Ouvrir les yeux et la bouche aux populations est un risque. Et alors, la décentralisation devient une menace pour les politiciens du centralisme et de l’occultisme d’État.

Le centralisme outrancier est une dictature qui ne dit pas son nom. Il est une menace pour la paix et l’unité nationale. Chaque chef de l’État et chaque ministre veulent que chaque maire soit un valet de mobilisation et de fidélisation de la clientèle électorale. C’est simplement insupportable même si le Bénin a tout d’un pays caractérisé par un jacobinisme affairiste et prédateur.

Nous voulons que la décentralisation béninoise soit libérée et que la réforme de l’administration territoriale cesse d’être une pacotille de la république. Elle est une exigence constitutionnelle et non le libre choix de quelques bureaucrates de Cotonou qui méconnaissent les réalités profondes de leur pays. Pour la plupart, ils survolent le Bénin mais ne le pénètrent pas. Ils connaissent mieux la France, les USA… que leur propre pays qu’ils découvrent superficiellement quand il sont nommés à une haute fonction. C’est aussi là la caractéristique de notre sous-développement.

Beaucoup viennent servir avec la poudre de perlimpinpin. Sachez-le dès-à-présent

05 octobre 2017

Simon Narcisse Tomety
Modérateur et rapporteur général du Forum bilan des 12 ans de décentralisation au Bénin

Simon Narcisse Tomety

Crystal News

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here